La Pépinière du Coudier

2023-2024

Le Coudier, Ambazac

Paul-Emmanuel Loiret, Louise Chagnaud

Aurélien Cantegrel, Sébastien D’élia, Vincent Laureau, Simon Teyssou, Florence Gillet, Sonia Cortesse, Sébastien Marot, Mathis Rager

Noé Ajzenfisz, Clémence Bagland, Valentin Cahierre, Arthur Ciebiera, Alice Delarche, Cyriac Hermellin, Loeiz Le Bars, Tom Martin-Volcovici, Corentin Meeus, Tania Ponot, Michal Wituszynski

1er prix !mpact Ile-de-France 2025
Projet sélectionné Regards Nouvelle-Aquitaine
Projet remarqué de l’OFF du DD 2024

Le projet révèle un patrimoine paysan de murets pour le soigner et l’utiliser dans ses qualités paysagères, bioclimatiques et architecturales.

Depuis la grange voisine, la silhouette des toitures cadre un accès vers un paysage en contrebas composé de potager et de forêt nourricière. Dans une logique de liaison entre plateau haut et plateau bas, le projet réinvestit un mur de soutènement pour y installer un escalier en pierres sèches qui consolide l’ouvrage, et y adosser une serre et une remise à outils bénéficiant à l’activité maraîchère. Les dispositifs constructifs sont simples, bio et géo sourcés, issus d’une dynamique de réemploi inventive et des savoir-faire locaux. Les logiques bioclimatiques sont intégrées au bâtiments, l’inertie thermique du muret bénéficiant à la serre. Les logiques de conception sont quant à elles participatives, entre habitants, artisans, municipalité et étudiants.

Un point d’acupuncture

Dans une région dépendante alimentairement1, il était important de penser le programme comme un point d’acupuncture dans cette pathologie du territoire. Après une analyse systémique du territoire, il semblait important d’aborder la problématique du manque de maraîchage, et d’y répondre en construisant à notre échelle un élément architectural approprié. Pour ce faire, c’est une pépinière et une remise à outils qui serviront de base pour investir pleinement un potager adjacent, et un escalier en pierre pour y faciliter l’accès.

Aux abords de la Grange aux Moines du Coudier, monument historique du 12e siècle, cette réalisation étudiante vient investir le patrimoine de pierre du site pour disposer humblement deux petits bâtiments qui se font face, un escalier en pierres sèches au milieu.

Le muret accueille le programme : deux petits bâtiments viennent s’y adosser tandis qu’un escalier en pierres sèches vient faire le lien entre les deux côtés du mur. Le muret de soutènement est un élément majeur de l’architecture du Limousin, et le projet vient le mettre en lumière. Sa matérialité participe à une perception plus juste du sol.

Une approche bioclimatique

Dans un paysage rural ponctué de murets, le projet vient mettre en lumière ce patrimoine paysan pour l’utiliser dans ses qualités paysagères, biothermiques et architecturales. L’inertie thermique des pierres permet de restituer la nuit la chaleur emmagasinée dans la journée. La serre bénéficie de la température plus tempérée du sol, et évite ainsi le gel durant les périodes les plus froides.

Orientée au Sud-Ouest, la serre permet aux futurs semis et plantes de bénéficier d’un ensoleillement important.

Le choix des matériaux

Les bâtiments sont construits avec des matériaux locaux et de réemploi. La région étant riche en ressources forestières, la plupart du projet est en bois. Les fondations sont en pieux de robiniers, le bardage en châtaignier2 et la structure en Douglas de la biorégion. Pour le reste, c’est une dynamique de réemploi qui a guidé les choix : la toiture est en double vitrage de réemploi, tandis que les façades sont habillées de simple vitrage venant des chutes de menuisiers locaux. C’est d’ailleurs ce même choix qui a guidé nos choix de conception : la trame du bâtiment est basée sur les dimensions d’une vitre.

Les techniques de construction

Les contraintes temporelles, fortes pour ce projet, ont guidé les décisions constructives. La préfabrication, la modularité et la réversibilité ont été des enjeux forts de la conception : la structure en assemblage bois a été préassemblée puis montée portiques par portique ; les façades sont composées de panneaux de 1m80 x 1m80 préfabriqués et pouvant accueillir aussi bien du bardage que du vitrage. Encore une fois, ce sont les dimensions des éléments de réemploi qui ont déterminé les dimensions des panneaux. Pour résoudre les problèmes d’étanchéité au niveau des menuiseries, ce sont des chambres à air usagées qui sont utilisées.

  1. Dans la biorégion étudiée, moins de 0,8% des surfaces agricoles sont dédiées au maraîchage. ↩︎
  2. Le chataîgnier a été coupé à moins de 2km du site de projet. ↩︎